Résistance ou collaboration ?

C’est le grand choix de l’existence : collaborer, ou résister. Idéalement, notre métier de communicant, en nous obligeant à bousculer les conventions, devrait nous encourager à « déranger » l’ordre établi. Mais les « petites résistances » sont ailleurs…

Ainsi à La Poste, où des employés s’élèvent contre les dérives commerciales de leur entreprise, en contradiction selon eux avec ses missions de service public. Chez EDF, des agents protestent contre la marchandisation du service public et ont imaginé une méthode sauvage pour réduire les factures de clients en bloquant l’application de la tarification jour. Au nom de leur refus d’être complices d’un abus de pouvoir, ils sabotent leur outil de travail.

Ces petites résistances ont fait l’objet d’un délicieux documentaire sur Canal +, « L’insurrection silencieuse », qui renvoie à un spectaculaire mouvement de fond aux Etats-Unis. Là-bas, pays de Batman et Superman, des super-héros anonymes déambulent en costume dans désobéirles rues dans l’idée de faire le bien ; à chacun sa cause : celui qui aide simplement les touristes à  retrouver son chemin, celui qui ramasse les ordures, celui qui aide les sans-abri… Un réseau anonyme et altruiste : ce ne sont pas des justiciers, mais des « vigilants ». Eux aussi ont décidé de ne plus dire oui.

Tous les spécialistes de l’âme le savent depuis Freud : avant de savoir dire oui, il faut savoir dire non. Non à l’injonction brutale, à l’autorité illégitime, à l’ordre injuste, aux coups de force… Chers amis communicants, soyons dissidents, désobéissons…

3 comments on “Résistance ou collaboration ?”

  1. Si seulement j’avais eu un Sony… Heureusement d’autres l’ont fait pour moi : Denis Gansel et son film la Vague dont voici le pitch :

    « En Allemagne, aujourd’hui. Dans le cadre d’un atelier, un professeur de lycée propose à ses élèves une expérience visant à leur expliquer le fonctionnement d’un régime totalitaire. Commence alors un jeu de rôle grandeur nature, dont les conséquences vont s’avérer tragiques. »

    La bande annonce :

  2. Monsieur Benchetrit,

    Vous avez quelques années de retard, vous auriez pu avoir un franc succès dans les années 80 !

  3. Cher Georges Orwell,

    Avocat du Diable est un métier bien difficile; nous parlons ici de « désobéissance civique », bref de toutes ces petites choses, ces « petites résistances », que le citoyen lembda assume pour aider son prochain (la victime du système).
    Quel rapport, dans votre plaidoirie, avec le mythique spot Apple qui s’inspire de votre livre ??? Uniquement le portrait d’une société lobotomisée ? Un peu court…

    Allons plus loin : si Apple a « libéré l’homme » de la machine en 1984, 25 ans plus tard, son système propriétaire est plus verrouillé que jamais, traînant dans son sillage une floppée d’esclaves fanatiques volontaires dont je fait partie…

    Mais nous nous écartons du sujet, cher Georges : avons-nous quelques années de retard en parlant de la nécessité de la « désobéissance civique » ? Non, c’est un sujet plus que jamais d’actualité.

    Et puis avouons-le : je ne suis pas dans le vent. C’est une ambition de feuille morte, çà.

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